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Guide Ayurvéda

Plantes & épices

Gotu kola et grossesse : ce que l’on sait (et ne sait pas)

Réputé pour la peau et la circulation, le gotu kola pose une question différente en grossesse : externe plutôt rassurant, interne beaucoup moins documenté.

Le gotu kola (Centella asiatica) est l’une des rares plantes ayurvédiques appliquées en externe pendant la grossesse sans réserve majeure — crèmes et soins à la centella figurent d’ailleurs dans de nombreuses routines de prévention des vergetures. La question change complètement dès qu’il s’agit d’une prise interne : poudre, gélules ou infusion concentrée. Sur ce terrain, les données manquent et les quelques études animales disponibles invitent à la prudence.

Ce que montrent les études animales sur la prise interne

Une étude publiée en 2024 dans le Tanzania Journal of Science a évalué la toxicité aiguë d’un extrait aqueux de feuilles de centella chez des rates gestantes : à une dose élevée de 5 000 mg/kg, l’extrait a provoqué des altérations histopathologiques significatives du foie, des reins et de l’utérus gravide (voir l’étude sur Google Scholar). Une seconde étude, publiée en 2025 dans la revue Discovery, s’est intéressée directement à l’effet sur le placenta et l’issue de grossesse chez des rates Wistar : elle a retrouvé une réduction du poids fœtal dépendante de la dose et une baisse du glycogène placentaire, sans malformation majeure observée (voir l’étude sur Google Scholar). Ces doses restent nettement supérieures à un usage traditionnel raisonnable, mais ces deux travaux suffisent à écarter l’idée d’une innocuité automatique de la prise interne pendant la grossesse.

Un troisième signal, indirect, concerne la reproduction masculine : une étude de 2010 publiée dans Clinica Terapeutica a montré une réduction de la viabilité et de la mobilité des spermatozoïdes chez des rats mâles traités (voir l’étude sur Google Scholar). Elle ne concerne pas la grossesse en tant que telle, mais confirme que la plante a une action systémique réelle sur les fonctions reproductives à dose élevée — cohérent avec la réputation traditionnelle d’emménagogue attribuée au gotu kola dans certaines sources.

Externe ou interne : ce que cela change

UsagePendant la grossesse
Crème, sérum, soin cutané (prévention vergetures)Généralement bien toléré, usage courant
Infusion occasionnelle et légèrePrudence, à limiter et à discuter avec sa sage-femme
Poudre, gélules, extrait concentré (cure interne)Non recommandé, données de sécurité insuffisantes
AllaitementMêmes réserves pour l’usage interne, faute de données

Aucune donnée humaine disponible

Comme pour la grande majorité des plantes ayurvédiques, aucun essai clinique n’a été conduit chez la femme enceinte pour le gotu kola : les données citées ci-dessus restent des modèles animaux, à des doses souvent supérieures à un usage traditionnel courant. Cette absence de données humaines ne prouve rien dans un sens ni dans l’autre — elle impose simplement la règle de précaution habituelle : ce qui n’a pas été étudié pendant la grossesse est présumé à éviter en prise interne, pas présumé sûr.

Ne pas confondre avec le brahmi

Le gotu kola est parfois confondu avec le brahmi (Bacopa monnieri), les deux étant appelés « brahmi » selon les régions de l’Inde. Les deux plantes posent la même question de fond pendant la grossesse — l’absence de données de sécurité en usage interne — mais restent botaniquement distinctes. Vérifiez toujours le nom latin exact sur l’étiquette du produit concerné avant d’en discuter avec votre suivi médical.

Que faire en pratique ?

Pour la peau et la prévention des vergetures, les soins topiques à la centella restent une option courante et raisonnable, en complément d’une bonne hydratation générale. Pour un objectif de circulation ou de mental, en revanche, mieux vaut reporter une cure interne de gotu kola après la grossesse et l’allaitement, et s’appuyer en attendant sur des gestes mécaniques simples (marche, surélévation des jambes, huilage doux) plutôt que sur un complément non évalué sur cette période.

Précautions

En résumé : le gotu kola en application cutanée ponctuelle est raisonnablement toléré pendant la grossesse, mais la prise interne — poudre, gélules, extrait concentré — doit être évitée par manque de données de sécurité et au vu de signaux animaux qui invitent à la prudence. La règle reste la même que pour toute plante active : pas de cure interne pendant la grossesse ou l’allaitement sans avis médical explicite. Pour les repères généraux, consultez notre guide sécurité et précautions et notre article Ayurvéda et grossesse.

Vos questions sur gotu kola et grossesse

Peut-on utiliser une crème au gotu kola enceinte ?

Oui, généralement : l’application cutanée de crèmes ou sérums à la centella asiatica, notamment pour la prévention des vergetures, est une pratique courante et considérée comme raisonnablement tolérée pendant la grossesse.

Peut-on prendre du gotu kola en interne enceinte ?

Non, pas sans avis médical. Des études animales montrent des effets sur le foie, les reins, l’utérus gravide et le poids fœtal à dose élevée, et aucune donnée de sécurité humaine n’existe. La prudence s’impose donc pour toute cure interne.

Le gotu kola est-il dangereux pour la fertilité ?

Une étude animale a montré une réduction de la viabilité des spermatozoïdes chez des rats mâles à dose élevée, cohérente avec une réputation traditionnelle d’emménagogue. Ces données ne concernent pas directement la grossesse, mais confirment une action systémique réelle qui justifie la prudence.

Gotu kola et brahmi posent-ils le même problème en grossesse ?

Les deux plantes, parfois confondues sous le nom « brahmi », manquent de données de sécurité en usage interne pendant la grossesse. Ce sont toutefois des plantes botaniquement différentes : vérifiez le nom latin exact avant d’en parler à votre sage-femme.

Et pendant l’allaitement ?

Les mêmes réserves s’appliquent pour l’usage interne, faute de données sur le passage dans le lait maternel. L’usage cutané n’est pas concerné par cette réserve.

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