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Guide Ayurvéda

Plantes & épices

Gotu kola ou shankhpushpi : laquelle pour la mémoire ?

Deux plantes du mental souvent citées ensemble, mais avec un niveau de preuve scientifique très différent : le gotu kola a été testé chez l’humain, le shankhpushpi reste presque entièrement dans le domaine de la tradition. Voici comment y voir clair.

Face au choix entre gotu kola ou shankhpushpi pour soutenir la mémoire, la réponse honnête n’est pas un tranché net comme pour d’autres duos de plantes du mental. Le gotu kola (Centella asiatica) dispose d’une littérature scientifique chez l’humain plus fournie que le ashwagandha-association/">association/">association/">association/">shankhpushpi, mais elle reste nuancée : un essai positif sur la mémoire de travail chez des personnes âgées, suivi d’une méta-analyse plus large qui ne retrouve pas de différence significative avec le placebo sur l’ensemble des fonctions cognitives testées. Le shankhpushpi (Convolvulus pluricaulis), lui, n’a pour l’instant aucune donnée clinique humaine solide à faire valoir : l’essentiel de sa recherche disponible reste préclinique ou informatique.

Ce comparatif détaille ce que dit vraiment chaque plante sur la mémoire, sans lisser ce déséquilibre de preuves, pour vous aider à choisir en connaissance de cause plutôt que sur une promesse toute faite.

Gotu kola et shankhpushpi : deux plantes de la famille des Medhya Rasayana

Dans la pharmacopée ayurvédique, les Medhya Rasayana désignent les plantes traditionnellement associées à la clarté mentale, à la mémoire et à l’équilibre émotionnel. Le gotu kola et le shankhpushpi en font tous deux partie, avec des nuances traditionnelles marquées :

  • Gotu kola (Centella asiatica) : plante rampante des zones humides, réputée en Ayurvéda pour la circulation, la cicatrisation cutanée et un ancrage mental calme. Son usage « mémoire » est plus récent dans la recherche scientifique que sa réputation traditionnelle circulatoire et cutanée.
  • Shankhpushpi (Convolvulus pluricaulis) : liseron dont le nom signifie « fleur en forme de conque ». La tradition l’utilise surtout pour calmer l’agitation mentale, soutenir la clarté d’esprit et favoriser un sommeil réparateur.

Les deux sont souvent citées côte à côte dans les formules traditionnelles pour le mental, davantage en complément qu’en opposition. C’est d’ailleurs l’objet de notre article sur gotu kola et shankhpushpi en duo.

Que dit la science sur le gotu kola et la mémoire ?

C’est ici que le gotu kola se démarque, tout en restant un dossier scientifique nuancé plutôt qu’une preuve définitive.

Un essai randomisé en double aveugle contre placebo mené par Wattanathorn et son équipe (2008, Journal of Ethnopharmacology) a testé une dose de 750 mg par jour d’extrait de Centella asiatica pendant deux mois chez 28 personnes âgées en bonne santé. Les résultats ont montré une amélioration de la mémoire de travail et de certains marqueurs électrophysiologiques de l’attention, ainsi qu’une amélioration de l’humeur autorapportée par les participants (voir l’étude sur Google Scholar).

Mais un essai isolé ne fait pas une certitude. Une revue systématique avec méta-analyse publiée par Puttarak et ses coauteurs (2017, Scientific Reports), portant sur onze essais cliniques, n’a trouvé aucune différence significative entre le Centella asiatica et le placebo sur l’ensemble des domaines cognitifs testés. Les auteurs notent toutefois une amélioration de l’humeur — moins de colère, plus de vigilance ressentie — une heure après la prise (voir l’étude sur Google Scholar).

En clair : le gotu kola a bien été testé chez l’humain sur la cognition, ce qui est déjà rare pour une plante traditionnelle, mais le tableau d’ensemble est mitigé. Un essai encourageant sur la mémoire de travail ne suffit pas à conclure à une efficacité générale sur toutes les fonctions cognitives, comme le montre la méta-analyse plus large. L’effet le plus constant à travers ces travaux semble porter sur l’humeur plutôt que sur la mémoire pure.

Et le shankhpushpi, côté science ?

Le constat est ici beaucoup plus simple à formuler : à ce jour, il n’existe pas de donnée clinique humaine solide sur le shankhpushpi et la cognition. L’essentiel de la recherche disponible reste préclinique (sur cellules ou animaux) ou basée sur des méthodes de modélisation informatique explorant des mécanismes d’action potentiels, sans essai contrôlé correspondant chez l’humain.

Cela ne signifie pas que le shankhpushpi est inefficace : beaucoup de plantes traditionnelles manquent simplement d’essais cliniques financés, faute d’intérêt commercial pour une plante peu brevetable. Mais cela signifie qu’aujourd’hui, son usage pour la mémoire ou la clarté mentale repose presque entièrement sur la tradition ayurvédique, et non sur des preuves cliniques comparables à celles du gotu kola. C’est un fait à assumer clairement plutôt qu’à masquer derrière un vocabulaire scientifique flou.

Tableau comparatif gotu kola vs shankhpushpi

CritèreGotu kolaShankhpushpi
Nom botaniqueCentella asiaticaConvolvulus pluricaulis
Usage traditionnel dominantCirculation, peau, ancrage mental calmeClarté mentale, apaisement, sommeil
Niveau de preuve scientifiqueUn essai clinique positif sur la mémoire de travail ; une méta-analyse de 11 essais sans différence significative vs placeboAucune donnée clinique humaine solide identifiée ; recherche surtout préclinique ou computationnelle
Forme la plus courantePoudre, extrait standardisé ou gélulesPoudre, sirop traditionnel ou gélules
Moment de prise usuelMatin ou en journéePlutôt le soir, pour accompagner la détente

Comment choisir selon votre objectif ?

Pour orienter le choix concrètement :

  • Vous voulez vous appuyer sur le dossier scientifique le plus étoffé, même s’il reste nuancé : le gotu kola est le choix le plus documenté chez l’humain, avec un essai clinique réel à son actif, même si une méta-analyse plus large tempère cet optimisme sur la cognition globale.
  • Vous cherchez surtout à calmer un mental agité le soir ou à soutenir la détente : le shankhpushpi correspond à son usage traditionnel, en sachant qu’aucune étude clinique humaine ne vient aujourd’hui l’étayer.
  • Vous voulez profiter des deux logiques à la fois : la tradition ayurvédique les associe fréquemment, l’une pour l’ancrage circulatoire et mental du jour, l’autre pour la clarté et le calme. Notre article sur gotu kola et shankhpushpi en duo détaille les modalités pratiques.

Il ne s’agit pas d’un choix définitif : beaucoup de personnes testent l’une, puis l’autre, avant de trouver ce qui leur convient — ou optent directement pour l’association traditionnelle.

Précautions communes aux deux plantes

Gotu kola et shankhpushpi partagent des points de vigilance à connaître avant de commencer une cure :

  • Sédatifs et anxiolytiques : les deux plantes peuvent potentialiser l’effet de traitements sédatifs. Parlez-en à votre médecin ou pharmacien avant toute association.
  • Grossesse et allaitement : les données manquent pour les deux plantes ; elles sont traditionnellement déconseillées dans ces situations, sauf avis médical contraire.
  • Enfants : usage à réserver à un encadrement professionnel, faute de données de sécurité adaptées.
  • Pathologies associées : en cas de maladie du foie ou de traitement en cours, un avis médical préalable est recommandé, en particulier pour le gotu kola.
  • Qualité : privilégier des produits testés sur les métaux lourds, comme pour toute plante importée sous forme de poudre.

Pour le détail complet des précautions, populations à risque et signaux d’alerte, consultez notre guide sécurité.

Ni promesse ni substitut à un avis médical

Aucune de ces deux plantes ne remplace un suivi médical en cas de trouble cognitif avéré ou inhabituel — perte de mémoire marquée, confusion, changement brutal de concentration. Ces signes relèvent d’une consultation, pas d’une automédication par les plantes. Le gotu kola a pour lui un essai clinique encourageant sur la mémoire de travail, tempéré par une méta-analyse plus large qui n’observe pas de bénéfice cognitif global net face au placebo. Le shankhpushpi, à ce jour, reste porté presque uniquement par la tradition et par des pistes de recherche préclinique, sans donnée humaine solide pour la confirmer. Dans les deux cas, mieux vaut une cure de plusieurs semaines évaluée avec réalisme qu’une attente de résultat immédiat.

Vos questions sur gotu kola ou shankhpushpi

Gotu kola ou shankhpushpi, lequel est le plus efficace pour la mémoire ?

Le gotu kola est le mieux documenté chez l’humain, avec un essai clinique de 2008 montrant une amélioration de la mémoire de travail après deux mois. Mais une méta-analyse de 2017 portant sur onze essais n’a trouvé aucune différence significative avec le placebo sur les fonctions cognitives globales. Le shankhpushpi n’a pas d’essai clinique humain équivalent à ce jour.

Le shankhpushpi a-t-il été testé chez l’humain pour la mémoire ?

Non, pas de façon solide à ce jour. La recherche disponible sur le shankhpushpi et la cognition reste surtout préclinique ou basée sur des modélisations informatiques des mécanismes d’action potentiels, sans essai clinique contrôlé chez l’humain identifié.

Peut-on prendre gotu kola et shankhpushpi en même temps ?

Oui, la tradition ayurvédique les associe fréquemment, l’un pour l’ancrage et la circulation, l’autre pour la clarté mentale et le calme. Voir notre article dédié sur leur association pour les modalités pratiques. Les précautions habituelles restent valables pour le duo.

Le gotu kola améliore-t-il vraiment la mémoire ?

Les résultats sont nuancés : un essai positif sur la mémoire de travail chez des personnes âgées, mais une méta-analyse plus large sur onze essais n’observe pas de différence significative avec le placebo sur l’ensemble des fonctions cognitives, tout en notant une amélioration de l’humeur.

Combien de temps pour ressentir un effet avec ces plantes ?

Dans l’essai clinique sur le gotu kola, l’amélioration observée l’a été après deux mois de prise quotidienne régulière. Ni le gotu kola ni le shankhpushpi n’agissent comme un stimulant immédiat ; une évaluation sur plusieurs semaines est plus réaliste.

Gotu kola et shankhpushpi ont-ils les mêmes précautions ?

Globalement oui : prudence avec les sédatifs et anxiolytiques, grossesse et allaitement à éviter par manque de données, usage enfant réservé à un encadrement professionnel. Consultez un professionnel de santé avant toute cure prolongée, surtout en cas de traitement en cours.

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