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Guide Ayurvéda

Plantes & épices

Gotu kola et shankhpushpi : une association ayurvédique pour le mental

Deux plantes du répertoire « medhya rasayana » aux profils complémentaires : le gotu kola pour la circulation, la peau et un ancrage calme, le shankhpushpi pour la clarté mentale et le sommeil. Voici pourquoi cette association classique tient debout, et où se cache la confusion.

Le gotu kola et le shankhpushpi forment une association traditionnelle du répertoire ayurvédique des medhya rasayanas, les plantes dédiées au mental, mais leurs points forts ne se recoupent pas. Le gotu kola (Centella asiatica) agit surtout sur la circulation, la peau et un ancrage calme ; le brahmi-association/">shankhpushpi cible davantage la clarté mentale et le sommeil. C’est cette complémentarité, plus qu’une redondance, qui justifie de les associer.

Cette logique rejoint celle déjà décrite pour d’autres duos du mental comme jatamansi et brahmi. Elle suppose toutefois de ne pas confondre les plantes en jeu : le shankhpushpi n’est pas toujours la même espèce botanique selon les régions, et le gotu kola est fréquemment mélangé avec le brahmi, une plante distincte au nom parfois interchangeable dans le commerce.

Pourquoi associer gotu kola et shankhpushpi ?

Dans la tradition ayurvédique, le gotu kola est surtout réputé pour la cicatrisation, la circulation veineuse (jambes lourdes) et un effet apaisant sur le système nerveux, sans viser directement la mémoire. Le shankhpushpi (Convolvulus pluricaulis le plus souvent) est, lui, traditionnellement associé à l’apaisement de l’anxiété légère, à la qualité du sommeil et à une forme de clarté mentale — un effet décrit comme calmant sans être sédatif au point d’empêcher de fonctionner dans la journée.

Associer les deux revient donc à combiner un ancrage physique et nerveux (gotu kola) à une clarté et une détente mentale (shankhpushpi), plutôt qu’à cumuler deux fois le même effet. C’est une logique différente de celle du duo brahmi et gotu kola, où le brahmi cible spécifiquement la mémoire de travail : ici, aucune des deux plantes n’est un « stimulant » de la mémoire au sens strict, ce qui rend l’association plus adaptée à un mental agité qu’à une préparation d’examen pure.

Un point de confusion important à éviter

Deux pièges de nomenclature reviennent souvent avec ces plantes. D’abord, le shankhpushpi ne désigne pas toujours la même espèce : en Inde du Nord, on parle le plus souvent de Convolvulus pluricaulis, tandis que dans certaines régions et certains produits commerciaux, le nom recouvre Evolvulus alsinoides, une plante différente aux usages traditionnels proches mais pas identiques. Vérifier le nom latin sur l’étiquette évite bien des malentendus.

Ensuite, le gotu kola (Centella asiatica) est très souvent confondu avec le brahmi (Bacopa monnieri) : les deux sont parfois vendus sous l’appellation commerciale « brahmi » alors qu’il s’agit de deux plantes botaniquement distinctes, aux actions différentes. Notre comparatif brahmi ou gotu kola détaille cette confusion classique en profondeur — un préalable utile avant d’associer gotu kola et shankhpushpi en toute connaissance de cause.

Gotu kola et shankhpushpi côte à côte

CritèreGotu kola (Centella asiatica)Shankhpushpi (Convolvulus pluricaulis)
Partie utiliséeParties aériennes (feuilles, tiges)Plante entière (parties aériennes)
Action traditionnelle principaleCirculation, cicatrisation, ancrage nerveuxClarté mentale, apaisement, sommeil
Dosage indicatif (poudre)1/2 c. à café, 1 à 2 fois/jour1/4 à 1/2 c. à café, 1 à 2 fois/jour
Précaution notablePrudence en cas de maladie du foiePrudence en cas de traitement sédatif

Que dit la recherche ?

La littérature scientifique sur le gotu kola et la cognition est plus fournie que pour le shankhpushpi, mais elle reste nuancée. Un essai randomisé en double aveugle contre placebo mené par Wattanathorn et son équipe (2008, Journal of Ethnopharmacology) chez 28 personnes âgées en bonne santé a montré qu’une dose de 750 mg/jour d’extrait de Centella asiatica pendant deux mois améliorait la mémoire de travail et certains marqueurs électrophysiologiques de l’attention, avec une amélioration de l’humeur autorapportée (voir l’étude sur Google Scholar).

Une revue systématique avec méta-analyse plus large, conduite par Puttarak et ses coauteurs (2017, Scientific Reports) sur onze essais cliniques, n’a en revanche trouvé aucune différence significative sur l’ensemble des domaines cognitifs testés entre le Centella asiatica et le placebo, tout en notant une amélioration de l’humeur (moins de colère, plus de vigilance ressentie) une heure après la prise (voir l’étude sur Google Scholar). Pour le shankhpushpi, les données cliniques chez l’humain restent nettement plus rares ; l’essentiel de la recherche disponible est préclinique ou en modélisation informatique. Aucun essai n’a par ailleurs testé l’association des deux plantes elle-même : la synergie supposée relève pour l’instant de la tradition, pas d’une preuve clinique dédiée.

Comment doser cette association en pratique ?

Les repères ci-dessous restent des usages traditionnels indicatifs, pas des posologies validées cliniquement.

  • En poudre (churna) : 1/4 à 1/2 c. à café de chaque plante, dans de l’eau tiède ou du lait, une à deux fois par jour, à distance des repas.
  • En décoction : faire bouillir doucement une pincée de chaque poudre dans 250 ml d’eau pendant 10 à 15 minutes, filtrer et boire tiède, idéalement le matin.
  • En gélules combinées : suivre le dosage indiqué par le fabricant, généralement 300 à 500 mg par plante, en une à deux prises.

Comptez plusieurs semaines de prise régulière avant de juger un effet sur le mental : ce sont des plantes d’accompagnement de fond, pas des solutions immédiates.

Pour quel profil cette association est-elle pensée ?

  • Étudiants et périodes d’examens : besoin traditionnel de clarté mentale sans nervosité excessive ni somnolence diurne ;
  • Personnes en stress mental prolongé : associer un ancrage nerveux (gotu kola) à une détente de l’esprit (shankhpushpi) plutôt qu’un seul levier ;
  • Seniors soucieux de leur mémoire : usage traditionnel d’accompagnement, à intégrer dans une hygiène de vie globale — notre dossier concentration et mémoire détaille les routines complètes des medhya rasayanas.

Ce duo ne remplace en rien un bilan médical en cas de troubles cognitifs installés, de trouble anxieux diagnostiqué ou de dépression : ces situations relèvent d’un suivi professionnel, pas seulement d’une cure de plantes.

Précautions

Le gotu kola et le shankhpushpi sont traditionnellement bien tolérés en usage ponctuel et à dose modérée, mais les données de sécurité restent limitées pour l’un comme pour l’autre, en particulier en cure prolongée. Par prudence : à éviter pendant la grossesse et l’allaitement faute de données suffisantes, à éviter chez le jeune enfant sans avis médical, et à discuter avec un médecin en cas de traitement sédatif ou anxiolytique en cours, une interaction n’étant pas exclue pour les deux plantes. Le gotu kola demande une prudence particulière en cas de maladie du foie. Aucune de ces deux plantes ne guérit un trouble anxieux, un trouble du sommeil chronique ou un déclin cognitif diagnostiqué — ce sont des accompagnements traditionnels, pas des traitements. Retrouvez l’ensemble de nos recommandations dans le guide sécurité et précautions.

Vos questions sur gotu kola et shankhpushpi

Peut-on prendre gotu kola et shankhpushpi ensemble tous les jours ?

Oui, en cure de plusieurs semaines suivie d’une pause, selon la logique traditionnelle. Commencez à dose modérée pour vérifier la tolérance de chaque plante séparément si possible. Les précautions (grossesse, enfants, traitements sédatifs) restent valables pendant toute la durée de la cure.

Le shankhpushpi et le gotu kola sont-ils la même plante ?

Non, ce sont deux plantes botaniquement distinctes. Le gotu kola est Centella asiatica ; le shankhpushpi désigne le plus souvent Convolvulus pluricaulis, parfois Evolvulus alsinoides selon les régions. Elles sont parfois confondues à tort avec le brahmi (Bacopa monnieri) dans le commerce.

Cette association est-elle efficace pour la mémoire ?

La tradition la recommande surtout pour la clarté mentale et l’apaisement, pas spécifiquement pour la mémoire de travail comme le brahmi. Les études sur le gotu kola donnent des résultats mitigés selon les essais, et les données humaines sur le shankhpushpi restent limitées.

Combien de temps avant de ressentir un effet ?

Comptez plusieurs semaines de prise régulière avant de juger un effet sur le mental, comme pour la plupart des plantes de ce répertoire. Aucune des deux plantes n’agit en quelques jours ; si rien n’évolue après deux mois, mieux vaut réévaluer l’approche.

Cette association peut-elle remplacer un traitement contre l’anxiété ?

Non, jamais. En cas de trouble anxieux diagnostiqué, de dépression ou de troubles cognitifs installés, un suivi médical ou psychologique reste indispensable. Ces plantes peuvent éventuellement accompagner un traitement prescrit en parallèle, mais elles ne doivent jamais s’y substituer ni retarder une prise en charge adaptée.

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