Chandrashura et shatavari : le duo traditionnel de l’allaitement
Deux plantes traditionnellement données à la jeune mère, chacune par un mécanisme différent : voici ce que la tradition et les rares études disponibles disent de l’association chandrashura et shatavari pour soutenir l’allaitement.
Le chandrashura (graines de cresson alénois) et le shatavari (racine d’asperge indienne) sont deux des plus anciens galactogogues de la pharmacopée ayurvédique. Chacun a déjà été présenté séparément sur ce site — le chandrashura pour son usage traditionnel autour de la lactation et de la consolidation osseuse, le shatavari pour l’équilibre féminin au sens large — mais leur ashwagandha-ashwagandha-association/">association/">association/">association sur ce terrain commun le plus classique, l’allaitement, mérite un examen dédié : la tradition les combine souvent, et deux études distinctes, une pour chaque plante, permettent d’en dire un peu plus.
Pourquoi ces deux plantes sont-elles associées pour l’allaitement ?
Dans la tradition ayurvédique, le chandrashura et le shatavari sont donnés à la jeune mère par des voies différentes : le chandrashura, riche en mucilage, est traditionnellement perçu comme nourrissant et stimulant directement la production de lait, souvent en préparation sucrée type laddu ; le shatavari, classé parmi les rasayanas — les toniques de régénération —, agit selon la tradition sur l’ensemble des tissus reproducteurs et de la lactation, avec un effet plus général de soutien de la vitalité post-partum. L’association des deux répond à cette logique de complémentarité, plutôt qu’à une redondance.
Que montrent les études sur chaque plante ?
Une étude ouverte non croisée de Ranade et Mudgalkar, publiée en 2021 dans la revue AYU (vol. 42, p. 35-38), a suivi des mères hypogalactiques (à production de lait insuffisante) sous supplémentation en graines de Lepidium sativum (chandrashura) : les résultats rapportent une hausse significative du volume de lait exprimé à 28 jours de supplémentation, comparée à l’état initial (voir l’étude (PMC)).
De son côté, un essai randomisé en double aveugle contre placebo de Gupta et Shaw, publié en 2011 dans l’Iranian Journal of Pharmaceutical Research (vol. 10, n° 1), a évalué l’effet d’un extrait de racine de Asparagus racemosus (shatavari) chez 60 mères allaitantes, par la mesure des variations de la prolactinémie : les résultats montrent une hausse de plus de trois fois du taux de prolactine dans le groupe shatavari, comparé au groupe témoin, avec une amélioration rapportée du poids des nourrissons et de la satisfaction subjective des mères (voir l’étude sur PubMed).
Ces deux corpus restent distincts : l’un porte sur un critère mécanique directement observable (le volume de lait exprimé), l’autre sur un marqueur hormonal indirect (la prolactine). Aucun essai clinique publié ne teste à ce jour l’association précise des deux plantes ensemble ; ce que l’on peut en dire repose donc sur l’addition de deux corpus de preuve séparés, chacun de taille modeste, pas sur une étude combinée.
Comment les prendre ensemble ? Repères indicatifs
À titre indicatif — ces usages traditionnels sont à valider avec une sage-femme, un médecin ou une consultante en lactation avant toute prise pendant l’allaitement :
| Plante | Forme usuelle | Dose indicative |
|---|---|---|
| Chandrashura | Graines trempées ou poudre | 3 à 6 g de graines, ou 1 à 3 g de poudre par jour, dans du lait chaud |
| Shatavari | Poudre de racine ou gélules | 3 à 6 g de poudre par jour, dans du lait chaud, ou selon indication du fabricant en gélules |
La tradition associe généralement les deux prises à un repas ou une boisson chaude, en cure de plusieurs semaines. Avant toute plante, les leviers les mieux établis pour soutenir la lactation restent le repos, une hydratation généreuse et la fréquence des tétées — les deux plantes s’inscrivent en complément de ces bases, jamais à leur place.
Effets secondaires et précautions
- Avis professionnel préalable : toute supplémentation pendant l’allaitement, même traditionnelle, mérite une validation par une sage-femme ou un médecin, en particulier en cas de nourrisson prématuré ou de traitement en cours chez la mère.
- Allergie : le shatavari est une asperge — prudence en cas d’allergie aux asperges ou aux liliacées. Le chandrashura appartient à la famille des brassicacées, à surveiller en cas de pathologie thyroïdienne à très forte dose.
- Grossesse : le chandrashura est à éviter pendant la grossesse hors période d’allaitement, certaines traditions lui prêtant un effet stimulant utérin à forte dose ; le shatavari, par précaution, est également à éviter pendant la grossesse faute de données modernes suffisantes.
- Difficulté d’allaitement persistante : ces plantes n’ont pas vocation à résoudre un problème d’installation de l’allaitement (mauvaise prise du sein, engorgement, canal bouché) — ces situations relèvent d’une consultante en lactation ou d’une sage-femme, pas d’une automédication par les plantes.
Les repères généraux de sécurité, en particulier pour la grossesse et l’allaitement, sont détaillés dans notre guide sécurité et précautions.
Vos questions sur chandrashura et shatavari
Le chandrashura et le shatavari augmentent-ils vraiment la production de lait ?
Deux études distinctes suggèrent un effet favorable, chacune sur une plante prise isolément : une hausse du volume de lait exprimé pour le chandrashura, une hausse de la prolactine pour le shatavari. Aucun essai clinique ne teste à ce jour leur association précise ensemble.
Peut-on prendre chandrashura et shatavari en même temps pendant l’allaitement ?
C’est un usage traditionnel courant, les deux plantes agissant par des mécanismes complémentaires. Une validation par une sage-femme, un médecin ou une consultante en lactation reste recommandée avant toute supplémentation régulière.
Quelle est la différence entre l’effet du chandrashura et celui du shatavari ?
L’étude sur le chandrashura mesure directement le volume de lait exprimé par les mères, tandis que l’étude sur le shatavari mesure un marqueur hormonal indirect, la prolactine. Ce sont deux angles de preuve différents, pas un même mécanisme.
Ces plantes remplacent-elles un accompagnement en cas de difficulté d’allaitement ?
Non. En cas de mauvaise prise du sein, d’engorgement ou de canal bouché, la première étape reste une consultante en lactation ou une sage-femme. Ces plantes s’inscrivent en complément du repos, de l’hydratation et de la fréquence des tétées, jamais à leur place.
Le chandrashura et le shatavari sont-ils sans danger pendant la grossesse ?
Non, les deux sont à éviter pendant la grossesse par précaution : le chandrashura pour un possible effet stimulant utérin à forte dose, le shatavari faute de données de sécurité modernes suffisantes. Leur usage traditionnel documenté concerne surtout la période post-partum.