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Ayurvéda et Alzheimer : ce que dit la recherche sur brahmi et ashwagandha

Le brahmi (Bacopa monnieri) et l’ashwagandha intéressent la recherche sur la mémoire et la cognition. Voici ce que les études montrent réellement, et pourquoi elles ne concernent pas la maladie d’Alzheimer elle-même.

La maladie d’Alzheimer est une pathologie neurodégénérative grave qui relève exclusivement du diagnostic et du suivi d’un médecin ou d’un neurologue. Aucune plante, y compris en Ayurvéda, ne traite, ne guérit ni ne ralentit de façon démontrée cette maladie. Cet article fait le point, avec toute la prudence que le sujet impose, sur ce que la recherche a exploré autour du brahmi (Bacopa monnieri) et de l’ashwagandha concernant la mémoire et la cognition — un sujet très différent de la maladie d’Alzheimer diagnostiquée. Il complète notre série de guides sur les maladies chroniques, en écho à notre article sur Ayurvéda et Parkinson.

Ayurveda et Alzheimer : une distinction essentielle à poser d’emblée

En Ayurvéda traditionnelle, le brahmi est classé parmi les medhya rasayana, des substances traditionnellement associées au soutien de l’intellect et de la mémoire. Cette classification est ancienne et relève d’un système de pensée traditionnel, pas d’une preuve clinique de traitement d’une maladie neurodégénérative. La recherche scientifique moderne sur le brahmi et l’brahmi-association/">ashwagandha porte, dans son immense majorité, sur des adultes sains ou présentant un déclin cognitif léger (MCI) — jamais sur des patients avec un diagnostic établi de maladie d’Alzheimer. Confondre ces deux situations serait une erreur potentiellement dangereuse, car elle pourrait retarder une prise en charge médicale nécessaire.

Ce que montre une étude clinique sur le brahmi et la mémoire

Une étude de Calabrese, Gregory, Leo, Kraemer, Bone et Oken, publiée en 2008 dans le Journal of Alternative and Complementary Medicine, a mené un essai randomisé en double aveugle contre placebo chez 54 personnes âgées de 65 ans et plus, sans signe clinique de démence, recevant 300 mg par jour d’extrait standardisé de Bacopa monnieri pendant douze semaines, après une phase préalable de six semaines sous placebo pour toute la cohorte (voir l’étude sur Google Scholar). Les résultats montrent une amélioration légère des scores de rappel différé au test d’apprentissage verbal auditif (AVLT) dans le groupe brahmi par rapport au placebo, ainsi qu’une réduction des scores d’anxiété et de dépression. Aucun effet significatif n’a en revanche été observé sur d’autres tests cognitifs (attention divisée, mémoire de travail).

Ce travail porte sur un échantillon modeste de 54 participants âgés sans démence diagnostiquée, sur une durée de douze semaines seulement, avec des effets mesurés comme légers. Il ne dit rien de l’effet du brahmi chez des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, dont la physiopathologie (accumulation de plaques amyloïdes, dégénérescence neurofibrillaire) est bien plus complexe qu’un simple déficit de mémoire lié à l’âge.

Et l’ashwagandha ?

L’ashwagandha (Withania somnifera) fait également l’objet de travaux préliminaires sur le déclin cognitif léger, avec des essais explorant des effets sur l’attention et la mémoire immédiate chez de petits groupes de participants présentant un MCI. Ces données restent, elles aussi, d’un niveau de preuve limité (petits échantillons, durées courtes) et ne concernent pas la maladie d’Alzheimer établie. Comme pour le brahmi, il s’agit de pistes de recherche sur la cognition en général, pas de traitements validés d’une maladie neurodégénérative.

D’autres plantes traditionnellement classées parmi les medhya rasayana, comme le gotu kola, suscitent un intérêt similaire dans la littérature ayurvédique, mais avec un niveau de recherche clinique encore plus limité chez l’humain concernant la mémoire. Le constat reste le même pour l’ensemble de ces plantes : un intérêt de recherche réel sur la cognition générale, aucune preuve d’efficacité sur une maladie neurodégénérative diagnostiquée.

Ce que cela ne signifie pas

Idée reçueRéalité
« Le brahmi traite la maladie d’Alzheimer »Faux : aucune étude n’a été menée chez des patients avec un diagnostic établi d’Alzheimer
« Une amélioration de la mémoire chez des seniors sains prouve un effet sur la démence »Faux : le déclin cognitif lié à l’âge et la maladie d’Alzheimer sont deux réalités physiopathologiques distinctes
« Les plantes ayurvédiques peuvent remplacer le suivi neurologique »Dangereux : tout trouble de mémoire inquiétant doit être évalué par un médecin, pas géré seul par les plantes
« C’est naturel, donc sans risque à associer à un traitement »À valider impérativement avec l’équipe soignante, en particulier en cas de traitement en cours (interactions possibles)

Ce qu’il ne faut jamais faire

  • Ne jamais retarder une consultation médicale ou neurologique en cas de trouble de mémoire inquiétant, de désorientation ou de suspicion de démence, au profit d’une automédication par les plantes.
  • Ne jamais présenter le brahmi ou l’ashwagandha comme un traitement de la maladie d’Alzheimer : aucune étude ne le démontre, et aucun ralentissement de la maladie n’a été établi.
  • Ne jamais substituer ces plantes à un traitement ou à un accompagnement prescrit par l’équipe soignante d’un patient déjà diagnostiqué.
  • Ne jamais associer ces plantes à un traitement en cours (anticholinestérasiques, anticoagulants, sédatifs, traitements thyroïdiens notamment pour l’ashwagandha) sans en parler d’abord au médecin, en raison d’interactions possibles.

Précautions

Un trouble de mémoire qui inquiète, qu’il s’agisse d’oublis répétés, de désorientation dans le temps ou l’espace, ou de changements de comportement, doit toujours être évalué par un médecin traitant ou un neurologue : seul un diagnostic médical permet de distinguer un vieillissement cognitif normal, un déclin cognitif léger et une maladie d’Alzheimer ou une autre démence. Le brahmi et l’ashwagandha ne remplacent en aucun cas ce diagnostic ni la prise en charge qui en découle. Toute prise de ces plantes doit être signalée à l’équipe soignante, en particulier en cas de traitement médicamenteux en cours. Pour aller plus loin sur la mémoire au quotidien, voir nos articles sur la concentration et la mémoire et le brouillard mental, ainsi que notre guide sécurité.

Vos questions sur ayurvéda et alzheimer

Le brahmi peut-il traiter ou ralentir la maladie d’Alzheimer ?

Non, aucune étude clinique ne le démontre. Les recherches disponibles sur le brahmi portent sur la mémoire de personnes âgées sans démence ou présentant un déclin cognitif léger, jamais sur des patients diagnostiqués Alzheimer.

Quelle étude existe sur le brahmi et la mémoire des seniors ?

Une étude de Calabrese et al., publiée en 2008 dans le Journal of Alternative and Complementary Medicine, a montré chez 54 personnes de 65 ans et plus sans démence une légère amélioration du rappel différé après douze semaines d’extrait de Bacopa monnieri, comparé au placebo.

L’ashwagandha a-t-il un effet démontré sur le déclin cognitif léger ?

Des essais préliminaires explorent cette piste chez de petits groupes de participants présentant un déclin cognitif léger (MCI), avec des résultats encourageants mais un niveau de preuve encore limité. Cela ne concerne pas la maladie d’Alzheimer établie.

Peut-on associer brahmi ou ashwagandha à un traitement contre Alzheimer ?

Seulement après avis du médecin ou du neurologue qui suit le patient, en raison d’interactions possibles avec certains traitements, notamment les anticholinestérasiques.

Quand faut-il consulter un médecin pour un trouble de mémoire ?

Dès que des oublis répétés, une désorientation ou des changements de comportement inquiètent, il faut consulter rapidement : seul un diagnostic médical permet de distinguer un vieillissement normal d’une maladie neurodégénérative comme Alzheimer.

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